Accompagner la fin de vie
Malgré tous les soins que vous aurez prodigué à votre compagnon, il faudra tôt ou tard vous résoudre à le voir partir. Qu’il ait 10 (si c’est un chien de grande taille) ou 18 ans (si c’est un petit chien), votre chien vous quittera . Pour vous aider à préparer ce moment si difficile, nous vous proposons quelques conseils.
Quand doit -on penser à l’euthanasie ?
L’euthanasie est une décision délicate qui doit être mûrement réfléchie ; elle doit se prendre d’un commun accord avec le vétérinaire, après une longue discussion au cours de laquelle tous les points liés à la fin de vie doivent être abordés en toute confiance ; en effet c’est le plus souvent pour des raisons médicales que la décision doit se prendre :
- L’absence de solution alternative : si votre animal souffre d’une maladie incurable, empêchant tout espoir de traitement ou d’amélioration, il vaut mieux libérer l’animal du poids de sa maladie.
- L’impossibilité de contrôler la douleur. Certaines maladies du grand âge sont responsables de douleurs insupportables. Bien que la médecine vétérinaire ait fait de grands progrès dans le contrôle et l’évaluation de la douleur, il arrive parfois un moment où les molécules les plus puissantes n’agissent plus. Il est alors du devoir de l’équipe soignante de vous alerter sur l’inefficacité du traitement .
- La dégradation des conditions de vie : si votre chien a beaucoup maigri, s’il ne peut plus se déplacer, si vous ne pouvez plus assurer son hygiène, il faut alors savoir le libérer de conditions de vie qui ne sont plus acceptables.
On le voit l’euthanasie n’est jamais une solution de première intention. Avant d’en arriver à cette dernière limite, votre vétérinaire doit vous proposer tout un ensemble de soins permettant de contrôler la maladie, le vieillissement, la douleur et le stress. La maladie sera d’autant plus facile à contrôler que le diagnostic aura été porté précocement (intérêt des bilans gériatriques) ; le vieillissement pourra être avantageusement ralenti par la mise en place d’une alimentation équilibrée et adaptée, d’une hygiène de vie faisant la place belle aux promenades et aux jeux et enfin par l’utilisation de compléments nutritionnels anti-âge ; la douleur devra être prise en charge dès ses premiers signes : soins locaux, massages, antalgiques de niveau 1 ou 2 , tous les moyens modernes de lutte contre la douleur devront être utilisés ; l’anxiété et le stress, fréquents chez les vieux chiens, devront être traités comme il se doit. Ne laissons plus vieillir nos vieux chiens dans la tourmente de l’anxiété (souvent liée au vieillissement cérébral et au déclin des sens) ; votre vétérinaire peut vous proposer des médicaments très efficaces contre ces perturbations psychologiques.
Comment se préparer à cette séparation
Lorsque le vétérinaire et son équipe sont convaincus qu’il n’y a plus rien à faire et que le pire est irrémédiablement à venir, il faut se préparer à l’euthanasie. Pour cela, nous vous conseillons d’avertir tous les membres de la famille vivant avec le chien. Il faut alors penser à l’après et se résoudre à voir partir définitivement son compagnon préféré. Une fois ce travail réalisé, il faut décider d’un jour.
L’euthanasie peut être réalisée à la maison (« chez lui ») ou à la clinique. Tous ceux qui souhaitent être présents doivent être avertis et présents.
Comment cela se passe-t-il ?
Lorsque le jour et l’heure sont décidés, lorsque tout le monde est là : le vétérinaire pratique un dernier examen pour vérifier qu’il n’y vraiment plus rien à tenter. Puis il anesthésie l’animal. Celui s’endort immédiatement (comme s’il allait être opéré). Ceux qui veulent garder une dernière image vivante de l’animal peuvent alors lui dire adieu et quitter la salle. Puis le vétérinaire injecte le produit euthanasiant qui arrêtera progressivement les mouvements respiratoires et les battements cardiaques. Il constatera la mort de l’animal en vérifiant avec son stéthoscope l’absence de battements cardiaques. Puis il vous proposera de rester seul avec votre chien si vous le souhaitez.
Quel les solutions pour le corps ?
Une fois l’animal euthanasié, se pose la question du devenir du corps. Plusieurs solutions se présentent à vous. Le corps peut être dans un premier temps placé dans un drap (une sorte de linceul), une housse ou un cercueil (en bois ou en carton). Puis vous pouvez choisir de l’enterrer (si c’est un petit chien) , dans un cimetière pour animaux (s’il en existe un prés de chez vous, ce qui est rare) ou dans une propriété (si vous avez la chance d’avoir un grand terrain). Vous pouvez aussi choisir de l’incinérer. Il existe forcément un incinérateur pour animaux près de chez vous et votre vétérinaire vous conseillera : vous pouvez assister à la crémation (ou non) et récupérer les cendres de votre chien (ou non) : on parle alors d’incinération individuelle (qui s’oppose à l’incinération collective qui ne permet pas la récupération des cendres). Si vous optez pour le recueil des cendres, celles-ci vous seront remises dans une urne.
La décision d’euthanasie est une décision grave qui vous engage ainsi que toute l’équipe soignant le chien. Elle est prise en toute conscience et confiance lorsque la douleur du chien n’est plus contrôlable ou que ses conditions de vie ne sont plus décemment acceptables. L’euthanasie est alors programmée puis réalisée avec toute la douceur nécessaire ; l’avenir du corps est envisagé sans tabou.
Puis viendra le temps terrible de l’absence qui fera peu à peu place à celui des bons souvenirs et des moments partagés inoubliables